Un sport et un passe-temps
De James Salter
Paru le : 27/01/1996
Editeur : Olivier
Collection : Oliv. Lit.et
ISBN : 2879290791
EAN : 9782879290799
Nb. de pages : 264
Poids : 270 g
Dimensions : 14cm x 20.5cm x 1.6cm
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du 10 juillet 1981
Quatrième de couverture
En 1967, James Salter publie un court roman dans lequel il raconte les amours d'une jeune Française, Anne-Marie Costallat, et d'un étudiant américain, Phillip Dean. L'identité volontairement floue du narrateur – un ami de Phillip –, une précision obsessionnelle dans la description des scènes érotiques, laissent deviner que, dans ce livre, James Salter, à l'instar d'Alberto Moravia, n'est réaliste que « dans la mesure où il cherche à démontrer l'inexistence de la réalité ».De quoi s'agit-il ? De chambres d'hôtel à la tombée du soir, d'après midi pluvieux, de mensonge, de plaisir, de gêne, d'impudeur. D'une Delage glissant silencieusement dans la nuit, entre Paris et Autun. D'ennui et d'exaltation.
Depuis sa parution, cet ouvrage a provoqué les éloges les plus fanatiques. Il exerce sur ceux qui le lisent un charme irrésistible, fait d'innocence et de perversité, de fraîcheur et de voyeurisme. C'est un hymne à la province française et à ses trésors cachés, aux nourritures terrestres, à l'amour des corps. Mais c'est aussi un roman mélancolique, où la solitude ne se laisse jamais oublier.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Garnier.
Extrait du livre
Extrait de l'introduction :«Dieu crée», a un jour remarqué le chorégraphe George Balanchine, «je ne fais qu'assembler». Cela me rappelle l'impression que j'avais en commençant à écrire Un sport et un passe-temps - il me semblait que le livre existait déjà , et qu'il ne me restait plus qu'à le copier. Certaines parties furent plus faciles que d'autres. Le début a été refait plusieurs fois.
J'ai écrit le plus gros dans une pièce au rez-de-chaussée sur Downing Street, dans le Village. C'était en 1964. Les fenêtres avaient vue sur une cour morne et sur l'arrière d'autres immeubles, mais j'avais de nombreuses pages de notes qui étaient par essence des ébauches, et le pays sur lequel j'écrivais n'était pas bien loin - chronologiquement du moins.
Les notes dataient de 1961-1962, période pendant laquelle j'étais resté en France près d'un an. J'avais été rappelé à servir comme réserviste durant la crise de Berlin. Ce n'était pas ma première visite en France - le coup de foudre date de bien plus tôt - mais c'était la première à durer de la sorte. J'étais posté en province, à trois heures de Paris, dans une région délimitée en gros par Nancy, Troyes, Dijon et Vittel. En son centre se trouvait la ville de Chaumont, mon adresse.
Présentation de : James Salter

James Salter est né à New York où il passe son enfance et son adolescence. En 1945, il termine ses études d'ingénieur, sort cinquième de sa classe de la prestigieuse académie militaire de West Point et entre dans l'US Air Force comme pilote. Cette « école » de vie le marque pour toujours : « West Point m'a poursuivi. C'était comme être chez les jésuites. J'ai dû me défaire de ma rigidité, de l'obsession de l'ordre, de l'habitude d'obéir, renoncer au sens du devoir. Je m'intéressais de plus en plus au monde littéraire et pictural. » Salter participe à la guerre de Corée, puis il prend la décision d'entrer au Pentagone. Il est affecté en France et commence à écrire. Fortement marqué par les figures tutélaires d'Irwin Shaw, Robert Phelps et Robert Emmett Ginna, le lieutenant-colonel Horowitz publie son premier roman sous le nom de James Salter en 1956 et démissionne de l'armée pour se consacrer pleinement à l'écriture.
Son troisième roman, Un sport et un passe-temps, lui vaut une réputation internationale. Suivent Un bonheur parfait, L'Homme des hautes solitudes et un recueil de nouvelles, American Express, pour lequel il reçoit le prix PEN/Faulkner en 1988. « Bien sûr, mon écriture a évolué au fil du temps. Lorsque l'on commence à écrire, on s'aime beaucoup, on aime ses mots. C'est un sentiment merveilleux. Quand on est jeune, on est flamboyant, quand on vieillit, on est plus sage. On s'aperçoit qu'il ne faut pas tomber amoureux de ses propres phrases. Bien écrire, c'est autre chose. C'est entendre la voix des mots. Comme, en amour, entendre l'autre. »
Distingué par l'American Academy and Institute of Arts and Letters pour l'ensemble de son oeuvre, James Salter a publié une autobiographie « qui ne raconte pas tout, qui ne commence pas par le commencement avec l'enfance et ne se termine pas par la fin » (à la manière de Karen Blixen donc) intitulée Une vie à brûler (prix PEN-Center 1998).
« Sa vie ressemble à une aventure. Mais James Salter n'est pas un de ces baroudeurs américains, forts en gueule, forts en autodestruction, façon Ernest Hemingway ou James Crumley. À bientôt soixante-quinze ans, il est encore ce bel homme qui, dans la force de l'âge, sillonnait nos contrées en Delage décapotable, heureux, presque insouciant, simplement avide de croquer la vie, les femmes, l'écriture à belles dents. Élégant, mieux, raffiné, il semble appartenir à un autre monde, à une espèce d'homme en voie d'extinction. » D'ailleurs Salter a l'habitude de se définir comme un « mâle blanc qui est mort » : « C'est comme cela qu'on nomme ici les écrivains centrés sur l'Europe : Henry James, Melville, Camus, E. M. Forster, T. S. Eliot, Pound. Tous des mâles blancs et morts. Cela ne me dérange pas. »
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