Personne
De Gwenaëlle Aubry
Paru le : 27/08/2009
Editeur : Mercure de France
Collection : Coll Bleue
ISBN :
EAN : 9782715229297
Nb. de pages : 160
Poids : 204 g
Dimensions : 14cm x 20.5cm x 1.3cm
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du 10 juillet 1981
Quatrième de couverture
Personne est le portrait, en vingt-six angles et au centre absent, en vingt-six autres et au moi échappé, d'un mélancolique. Lettre après lettre, ce roman-abécédaire recompose la figure d'un disparu qui, de son vivant déjà , était étranger au monde et à lui-même. De « A » comme « Antonin Artaud » à « Z » comme « Zelig » en passant par « B » comme « Bond (James Bond) » ou « S » comme « SDF », défilent les doubles qu'il abritait, les rôles dans lesquels il se projetait. Personne, comme le nom de l'absence, personne comme l'identité d'un homme qui, pour n'avoir jamais fait bloc avec lui-même, a laissé place à tous les autres en lui, personne comme le masque, aussi, persona, que portent les vivants quand ils prêtent voix aux morts et la littérature quand elle prend le visage de la folie.Dans la presse
Gwenaëlle Aubry brosse le portrait de cet homme en fuite de lui-même, anéanti par la maladie. Saisissant...
Une sélection sur la première liste du prix Femina, une autre sur celle du Médicis, et une dernière parmi les préposés au grand prix du roman de l'Académie, sans parler des articles parus dans toute la presse parisienne... Nul doute, Personne, le livre bouleversant et très intime de la philosophe romancière Gwenaëlle Aubry, n'est pas passé inaperçu en cette rentrée littéraire...
Gwenaëlle offre à ce père si attachant un formidable message d'amour.
Marianne Payot - L'Express
Après deux pages consacrées à Antonin Artaud survient une phrase sur le père de la narratrice. Dès cet instant-là , on est comme saisi, tenu, arrimé au récit de Gwenaëlle Aubry. Les mots choisis sont pourtant simples, mais donnent à l'évocation une telle puissance...
Ni larmes ni pathos dans ce livre saisissant, car on ne perd pas un père qui s'était lui-même perdu, dit la Ânarratrice.
Mohammed Aïssaoui - Le Figaro
Cette faille, ce centre vide dans l'être, comment en parler ? Gwenaëlle Aubry a choisi la méthode de l'abécédaire, soit vingt-six facettes qui varient sans fin la figure d'un homme aux «moi» éparpillés. Ces vingt-six facettes tissent, lettre après lettre, les mailles où l'auteur va tenter de saisir, avec tendresse et pudeur, cette figure familière devenant peu à peu étrangère...
Avec ce livre à quatre mains, pour une part posthume, la jeune romancière prête enfin une ossature - palpable à la parole paternelle en morceaux. «Il m'accompagne, je le tiens par la main, dit-elle magnifiquement, j'entrelace ses mots aux miens, écrivant je lui prête mon souffle, je lui rends sa forme, à travers ce livre je le retiens, je l'ancre sur ma rive.» Ainsi se paie une dette d'amour.
Muriel Steinmetz - L'Humanité
Le portrait disloqué, tendre, poignant, d'un père qui sombra dans la folie...
Gwenaëlle Aubry ausculte ce processus d'effondrement, en sonde les symptômes, en cherche les prémices. Son livre admirable, tissé d'incertitude, est tout ensemble une enquête intime, une déclaration d'amour, un hommage, un tombeau. «Il a refusé la tombe, la pierre, le masque de gisant et l'ultime visage, il a préféré les cendres à tous vents dispersées, peut-être a-t-il trouvé, dans le désert blanc de la mort, ce que depuis toujours il cherchait : le droit, enfin, de ne plus être quelqu'un ?»
Nathalie Crom - Télérama
Aux pages de son père, elle ajoute les siennes. Elle le prolonge. Elle l'accouche. Elle raisonne sa folie. Et elle dit enfin son amour à celui qui écrivait : «Je n'ai connu de bonheur permanent que celui qui vient de l'existence de mes enfants.» Ce bouleversant livre à deux voix s'intitule «Personne» (Mercure de France, 15 euros). Il ne sortira que le 27 août. Soyez là . Car il ne faudrait pas que fût étouffé par le vacarme de la rentrée littéraire le chant grégorien d'une fille blessée grâce à qui, enfin, personne devient quelqu'un. Et un destin brisé, un grand livre.
Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur
Extrait du livre
Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois "mon père est fou", quand j'ai adopté ce mot de folie, ce mot emphatique, vague, inquiétant et légèrement exaltant, qui ne nommait rien, en fait, rien d'autre que mon angoisse, cette terreur infantile, cette panique où je basculais avec lui et que toute ma vie d'adulte s'employait à recouvrir, un appel de lui et tout cela, le jardin, le soir d'été, la mer proche, volait en éclats, me laissant seule avec lui dans ce monde morcelé et muet qui était peut-être le réel même.Présentation de : Gwenaëlle Aubry

Née en 1971, agrégée et docteur en philosophie, Gwenaëlle Aubry est chercheur au cnrs.
Elle est l’auteur de plusieurs romans parmi lesquels Le diable détacheur (Actes Sud, 1999), L'isolée suivi de L'isolement (Mercure de France), et Notre vie s'use en transfigurations (Actes Sud, 2007).
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