Cinéma
De Tanguy Viel
Paru le : 18/03/1999
Editeur : Minuit
Collection : Romans
ISBN : 2707316709
EAN : 9782707316707
Nb. de pages :
Poids : 160 g
Dimensions : 13.5cm x 18.4cm x 1.3cm
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Prix éditeur : 12.00 €
Prix deslivres : 11.40 € (-5%, Maximum legal autorisé)Loi Lang sur le prix unique du livre
du 10 juillet 1981
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du 10 juillet 1981
Repéré par Raphaëlle Aviat Quatrième de couverture Dans la presse Extrait du livre Présentation de Tanguy Viel
Repéré par Raphaëlle Aviat
Vous trouverez ça un peu obtus de ma part mais je désespère des adaptations cinématographiques de romans. Quels qu’ils soient (les romans). Voire quelles qu’elles soient (les adaptations). Quasi systématiquement.A tel point qu’à mon sens il ne faut pas lire après avoir vu et encore moins voir après avoir lu. Bref, ne me parlez pas de Millénium (au hasard).
Tanguy Viel, lui, inaugure pour la première fois dans l’histoire du cinéma et de la littérature réunis, le roman adapté d’un film. Quel scoop ! Cela semble d’autant plus dingue qu’on n’y avait pas pensé plus tôt. C’est vrai. Le résultat est totalement inédit. Tout à fait incroyable. Et diablement réussi. Parce que c’est Tanguy Viel bien sûr.
J’aurais presque envie de laisser tout entier le mystère aux lecteurs intrigués qui s’y lanceraient tête baissée. Et je les y encourage. Plus que chaleureusement.
NB. Le principe énoncé plus haut est toujours valable : nul besoin d’avoir vu le film, ou bien de le voir après. Surtout pas ajouterais-je.
Tanguy Viel pousse le suspens jusqu’au trois quart du livre avant de nous révéler le titre du film. C’est bien que, au fond, la prouesse ne réside pas ailleurs que dans sa capacité à nous tenir en haleine et dans le vide tout ce temps. On commence par se demander si le film existe réellement. Puis, si l’auteur va enfin lâcher le titre… Tanguy Viel est terrible. Il rationne l’information, il gère la tension. Tout se met en place petit à petit selon son propre scénario à lui. Le suspense, le malaise, l’agacement, l’amusement, la curiosité, l’admiration. Il mène sa barque jusqu’au bout. Comme d’habitude. Ce n’est pas un galop éméché, c’est un trot soutenu, serré, à la corde. Sans un faux pas. La situation est parfaitement sous contrôle. Car Tanguy veille…
Tous les conseils de Raphaëlle Aviat
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Quatrième de couverture
Celui qui se présente ici comme narrateur en est donc réduit à parler d’un film, d’un seul film, du même film qu’il a vu des dizaines et des dizaines de fois. Toute remarque, tout commentaire, il les a notés, consignés dans un cahier, jour après jour. Son existence est minée par le film. Ses goûts et ses jugements, il les doit au film. Ses amis comme ses ennemis, il les doit à l’opinion qu’ils se sont faite sur le film. À vrai dire, sa vie ne tient qu’à un film.Haut de page
Dans la presse
« Le narrateur de Cinéma est prisonnier esclave, de sa fascination pour Sleuth. “ Suspendu à un film ”, il l'est au point, non seulement de le revoir sans cesse, mais aussi de sélectionner ses amis en fonction de la capacité de chacun à toucher ou non cet essentiel du film qu'il pourchasse dans la forêt des images sans réellement parvenir à le saisir, cet essentiel du film autour duquel il ne cesse de tourner, ce point aveugle et fuyant où bat le cœur de sa fascination. “ Moi-même je n'ai pas de vie à côté du film, dit-il, je suis un homme mort sans Sleuth ”, d'où cette très belle idée, dans le rapport à la comédie de la mort qui est le véritable sujet du livre, que revenir toujours à ce même film, ce serait “ le confronter avec mon monde à moi, mon réel à moi qui change tout le temps, pour tester la résistance du film à mon mental ”. »Bertrand Leclair (Les Inrockuptibles, 1999)
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Extrait du livre
"Si un jour il passait sur un grand écran, je n'irais certainement pas le voir, parce que ce serait trop dangereux pour mon avenir personnel, ce serait trop risqué, du fait qu'après je ne pourrai plus le regarder sur un magnétoscope. Ce serait trop jouer à quitte ou double : le voir une fois au moins dans des conditions parfaites, et être incapable après de le voir dans des conditions imparfaites, et non pas seulement la taille de l'écran, à la télévision, mais toujours, avec la télévision, on est perturbé, on voit ce qui se passe autour, on voit le mur derrière et le reste de la pièce sur les côtés. Alors, quand on l'a vu une fois en entier, une fois sans rien d'autre autour des yeux, après, ça ne doit plus être possible. Je regarde dans les journaux seulement par acquit de conscience, dans l'espoir qu'un jour ça arrive, et que je puisse me poser la question pour de vrai, de savoir si ou non j'irai le voir au cinéma, mais je ne suis pas du tout sûr que je le ferai, pas sûr du tout, pour toutes ces raisons que je viens de dire, et par rapport bien sûr à mon équilibre, mon mental très fragile.""Une voiture de sport, la voiture rouge de Milo Tindle, qui roule dans l’allée qui mène au château, au manoir qu’on voit de face et qui en impose. Tindle, c’est son nom, c’est un Anglais, et il se gare dans la cour du manoir, sur le gravier, avec sa voiture de sport rouge, et sa veste étriquée très à la mode dans les années soixante-dix. Il en sort, de sa voiture rouge (avec ses initiales inscrites sur le côté, sur l’aile droite, rajoutées par-dessus la peinture, c’est écrit : M.T., comme Milo Tindle). Mais à peine il est descendu de sa voiture, à peine il a enlevé ses lunettes de soleil et refermé la portière, tout de suite une voix s’élève d’on ne sait trop où. On sait seulement qu’elle ne vient pas de l’intérieur du manoir, plutôt du jardin, du parc autour du manoir, autour de la cour de gravier où il s’est garé, une voix qui le fait se retourner, et tourner le dos à la porte principale du manoir."
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Présentation de : Tanguy Viel
En 1973, Tanguy Viel naît à Brest, où il passe les douze premières années de sa vie. Objecteur de conscience au centre dramatique de Tours, « ses possessions sur terre se limitaient à six cartons, dont cinq de livres », si l'on en croit François Bon. Il habite chambres de bonnes et greniers improbables, toujours proche du centre de la ville et de ses bars. Les éditions de Minuit publieront son premier roman, Le Black Note. Il n'a que vingt-quatre ans, et le ton est déjà posé : écriture ciselée et quasi-cinématographique pour personnages imparfaits, saluée franchement par la critique. Suivront Cinéma, et l'Absolue perfection du crime, où il s'essaie à la forme littéraire du polar, et son dernier roman en date, Insoupçonnable. Il a également publié des textes plus courts chez Inventaire Invention, Maladie, et Tout s'explique, où par le biais d'une lecture critique d'Explications (livre d'entretiens entre Pierre Guyotat et Marianne Alphant), il livre sa vision du monde qui nous entoure, de la littérature et plus particulièrement de ce qu'il appelle « la fabrique de l'écriture ».
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