La sanction
De Trevanian
Paru le : 30/04/2010
Editeur : Gallmeister
Collection : Totem
ISBN :
EAN : 9782351785034
Nb. de pages : 352
Poids : 280 g
Dimensions : 12cm x 17.9cm x 1.9cm
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La sanction
Prix : 21.56 €
Paru le : 2007/10/04
Editeur : Gallmeister
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du 10 juillet 1981
Repéré par Christian Marchal
Quand un auteur imagine un personnage principal qui est : professeur à l’université, alpiniste chevronné ET tueur professionnel, ça vaut le coup, à mon avis, d'aller y voir de plus près.Quand cet auteur est assez méchant pour écrire ceci de la conquête spatiale : « les Etats-Unis avaient déposé sur la Lune deux garçons de ferme souriants....»
Si cet auteur pousse le mauvais goût jusqu'à nommer «Pédale» le chien d'un agent secret trafiquant de drogue homosexuel (lequel chien finit d'ailleurs par être proprement dévoré par son maître).....
Qu'il campe un jardinier hargneux et paranoïaque qui insulte les mauvaises herbes avant de leur faire la peau......
Qu'il se répand en horreurs sur les Suisses et les Bernois en particulier. («Jonathan avait toujours trouvé que les Suisses étaient un peuple vénal, taciturne, religieux, vénal, indépendant, organisé et vénal»)....... La, non seulement il faut aller y voir de plus près, mais il faut absolument creuser la question en dévorant (ça se lit pas, ça se dévore) «la sanction» de Trevanian.
Parce qu'en plus, il y a une vraie histoire , curieuse , déroutante , un peu déconnante aussi, qui se déroule en trois actes ( New-York , Arizona , Alpes Suisses ) avec , pour finir, un suspens unique et terrifiant sur la face nord de l'Eiger ( Pas de la tarte , apparemment ). Avec Trevanian, t’en as pour ton argent! Tiens! Il y a aussi un chapitre où deux personnages tombent amoureux sans que rien ne soit dit. Du grand art! Trevanian n'est pas QUE méchant.
Un petit lexique pour finir:
Sanction : contre-assassinatNormalement, je dis bien : normalement, vous devriez vous régaler.
Pression biographique : chantage
Tous les conseils de Christian Marchal
Quatrième de couverture
Professeur d'art et alpiniste de renommée internationale, Jonathan Hemlock est surtout un tueur spécialisée dans les "sanctions" : l'assassinat d'agents ennemis pour le compte de l'organisation secrète CII. En représailles du meurtre d'un agent du CII, Jonathan doit infliger une nouvelle sanction. Sa cible fait partie d'une équipe qui va tenter l'ascension d'une des plus dangereuses montagnes des Alpes, l'Eiger par la face Nord. Hemlock se joint à cette expédition en vue d'exécuter sa mission. Seul problème : il ignore lequel de ses trois compagnons de cordée est l'homme à abattre.Livre brillant à l'humour corrosif, La Sanction est à la fois un authentique chef-d'œuvre de la littérature américaine et un roman au suspense haletant.
Traduit de l'américain par Jean Rosenthal.
Dans la presse
La Sanction est une parodie de roman d'espionnage mâtinée de polar et de western. Tous les ingrédients sont là pour exciter la lecture. Autre raison pour succomber au suspense diabolique de ce roman : son auteur, Trevanian, est une légende et un mystère. Il a toujours refusé entretiens et photographies. Il a décidément tout pour plaire.
Martine LAVAL, TÉLÉRAMA
Délicieusement seventies et habilement mené, La Sanction séduit par son humour en coin, le mauvais esprit perpétuel de son héros désabusé, tout comme ses personnages secondaires auxquels Trevanian parvient à donner du relief.
Alexandre Fillon, LIVRES HEBDO
C'est formidablement construit, mené, et surtout écrit. Style brillant et humour noir : que demander de plus ?
Bernard Poirette, RTL
Extrait du livre
Montréal
16 mai
En début de soirée, la pluie était tombée sur le boulevard Saint-Laurent et il y avait encore des flaques triangulaires sur le trottoir bosselé. La pluie avait cessé mais il faisait encore assez frais pour justifier l’imperméable beige clair de l’agent CII Wormwood. Pour sa part il préférait les trench-coats, mais il n’osait pas en porter, sachant que ses collègues du service se moqueraient de lui. Wormwood avait trouvé un compromis en relevant le col de son imperméable et en enfonçant profondément ses mains dans ses poches. L’une de ses mains était crispée sur une tablette de chewing-gum que lui avait remise seulement vingt minutes plus tôt un gnome malodorant dans le parc peu accueillant qui entourait l’hôpital Sainte-Justine. Le gnome avait soudain jailli des buissons, provoquant chez Worm - wood un terrible sursaut, qu’il avait essayé de faire passer pour une parade de karaté. Cette image du félin en alerte aurait sans doute été plus convaincante s’il n’avait pas eu l’infortune de reculer en même temps dans un massif de roses.
Wormwood marchait d’un pas vif dans la rue de plus en plus déserte. Il se sentait porté par un sentiment – non pas de grandeur, certes – mais de compétence. Pour une fois, il n’avait pas bousillé le travail. Il aperçut son reflet passer le long d’une vitre, et il ne fut pas mécontent de ce qu’il vit. Le coup d’oeil confiant et la démarche assurée compensaient largement les épaules voûtées et la calvitie naissante. Wormwood tourna ses mains vers l’extérieur pour corriger l’affaissement de ses épaules car quelqu’un lui avait dit un jour que la meilleure façon d’avoir une allure virile était de marcher les paumes en avant. C’était extrêmement inconfortable et cela lui donnait un peu l’air d’un pingouin, mais il le faisait chaque fois qu’il y pensait. Cet effort lui rappela douloureusement sa récente rencontre avec le massif de roses, mais il s’aperçut qu’il pouvait soulager sa douleur en prenant entre le pouce et l’index la couture de son pantalon et en l’éloi gnant de ses fesses. Il le faisait donc de temps en temps, sans se soucier de la curiosité ouvertement manifestée par les passants.
Il était satisfait. C’est une question d’assurance, se dit-il. Je savais que je pourrais réussir ce coup-là, et j’ai réussi ! Il défendait une théorie selon laquelle on attirait la malchance en la prévoyant, et les résultats de ses dernières missions semblaient venir à l’appui de cette idée. En général, avec Wormwood, les théories ne tenaient pas. Pour résoudre le problème de sa calvitie, il avait appliqué le principe du coupezles- court-et-vous-les-garderez-longtemps, et il arborait toujours une coiffure en brosse qui lui donnait un air plus insignifiant qu’il n’était nécessaire, mais ses cheveux persistaient à tomber. Pendant un moment, il s’était cramponné à la théorie selon laquelle une calvitie précoce était l’indice d’une virilité peu commune, mais son expérience personnelle avait fini par le contraindre à abandonner cette hypothèse de travail.
Cette fois je rentre sans encombre, sans accroc. À six heures demain matin, je serai de retour aux États-Unis !
Ses doigts se resserrèrent sur la tablette de chewing-gum. Il ne pouvait pas se permettre un nouvel échec. Déjà que dans le service on l’appelait “La Baie des Cochons en Solo”.
Comme il tournait à gauche dans Lessage Lane, la rue lui sembla vide de tout bruit et de toute présence humaine. Il le remarqua lorsqu’il prit à droite l’avenue Saint-Dominique ; le silence était tel que le bruit de ses pas semblait lui être renvoyé par les façades sinistres des immeubles de brique aux fenêtres éteintes. Le silence ne le gênait pas ; il choisit de siffler.
Ce truc de la pensée positive marche vraiment, songea-t-il tout en sifflotant. La chance sourit aux vainqueurs, et c’est comme ça. Puis une grimace soucieuse plissa son visage rond de collégien tandis qu’il se demandait s’il était vrai aussi que la malchance va aux per dants. Il essaya de se rappeler son cours de logique au collège. Non, finit-il par conclure, ça n’est pas nécessairement vrai. Les perdants ne perdent pas toujours. Mais les gagnants gagnent toujours ! D’avoir trouvé ça, il se sentit mieux.
Il n’était qu’à une rue de son hôtel de troisième ordre. Il aperce - vait l’enseigne endommagée où l’on pouvait lire H TEL en lettres verticales sur un fond rouge.
Me voilà presque rentré.
Il se rappela les instructions du Centre d’Entraînement du CII :
toujours approcher votre destination par le trottoir d’en face, alors il traversa. Il n’avait jamais tout à fait compris la raison de cette règle, mais l’idée ne lui serait pas davantage venue de réclamer une expli - cation que de désobéir. Les lampadaires en fer forgé de l’avenue Saint-Dominique n’avaient pas encore été victimes de l’enlaidisse - ment des villes sous la forme d’horribles lampes à mercure, aussi Wormwood put-il s’amuser à suivre son ombre qui glissait de sous ses pieds et s’allongeait devant lui jusqu’au moment où le réverbère suivant prenait le relais et la projetait, de plus en plus courte, derrière lui. Il regardait par-dessus son épaule pour admirer ce phénomène lumineux, lorsqu’il se heurta au lampadaire. Une fois remis de sa surprise, il jeta un coup d’oeil furieux des deux côtés de la rue, comme pour défier quiconque l’aurait vu.
Quelqu’un l’avait vu, mais Wormwood ne le savait pas, aussi foudroya-t-il du regard le lampadaire, puis il redressa les épaules en tournant ses paumes vers l’avant et traversa pour gagner son hôtel. Il flottait dans le hall des relents rassurants où se mêlaient les odeurs de moisissure, d’eau de Javel et d’urine qu’on retrouve dans ce genre d’hôtel minable. D’après les rapports rédigés par la suite, Wormwood avait dû entrer dans l’hôtel entre onze heures cinquantecinq et onze heures cinquante-sept. Quelle que fût l’heure exacte, on peut être sûr qu’il la vérifia, ravi comme toujours de la luminosité du cadran de sa montre. Il avait entendu dire que la peinture phospho - rescente utilisée pour les cadrans lumineux pouvait provoquer des cancers de la peau, mais il estimait compenser ce risque en ne fumant pas. Il avait pris l’habitude de vérifier l’heure chaque fois qu’il se trouvait dans un endroit sombre. Sinon, à quoi bon avoir une montre avec un cadran lumineux ? Ce fut sans doute le temps qu’il passa à la regarder qui fit la différence entre onze heures cinquantecinq et onze heures cinquante-sept.
Tout en grimpant l’escalier mal éclairé, avec sa moquette humide et scrofuleuse, il se rappela que “la chance sourit aux vainqueurs”. Son moral flancha toutefois lorsqu’il entendit un bruit de toux provenant de la chambre voisine de la sienne. C’était une toux déchirante, entrecoupée de suffocations, une toux de malade, qui continuait par spasmes tout au long de la nuit. II n’avait jamais vu le vieil homme d’à côté, mais il détestait cette toux qui l’empêchait de dormir. Planté devant sa porte, il prit la tablette de chewing-gum de sa poche pour l’examiner. Sans doute un microfilm. Et il doit être entre la tablette et le papier. Là où il y a généralement les images. Sa clé fit tourner mollement la serrure. En refermant la porte derrière lui, il poussa un soupir de soulagement. C’est quand même vrai, se dit-il. La chance…
Mais il n’alla pas au bout de sa pensée. Il n’était pas seul dans la pièce.
Avec une réaction que le Centre d’Entraînement aurait applaudie, il fourra dans sa bouche la tablette de chewing-gum encore dans son emballage et l’avala juste au moment où on lui défonçait l’arrière du crâne. La douleur était extrêmement vive, mais c’était le son qui était terrible. Ça faisait un peu comme quand on mord du céleri frais en se tenant les oreilles à deux mains… mais en plus intérieur.
Il entendit très nettement le bruit du second coup – une sorte de craquement liquide. Chose étrange, il ne ressentit aucune douleur. Mais là-dessus quelque chose lui fit mal. Il ne pouvait pas voir, mais il savait qu’on était en train de lui trancher la gorge. Cette image le fit frissonner et il espéra qu’il n’allait pas être malade. Puis ils s’attaquèrent à son ventre. Quelque chose de froid lui laboura l’estomac. Le vieil homme dans la chambre voisine toussa et suffoqua. L’esprit de Wormwood poursuivit la pensée que sa première frayeur avait arrêtée dans son cours.
La chance sourit aux vainqueurs, songea-t-il, puis il mourut.
Présentation de : Trevanian
Trevanian est l'un des noms de plume de l'écrivain américain, le Dr Rodney William Whitaker, né le 12 juin 1931 à New York et décédé le 14 décembre 2005 en Angleterre. Professeur d'université et auteur reclus de best-sellers. Ces livres se sont vendus a plus de 5 millions d'exemplaires et ont été traduits dans 14 langues.TREVANIAN est l’un des auteurs les plus mystérieux de ces dernières années. On sait peu de chose de lui. Américain, il a vécu dans les Pyrénées basques et est probablement mort en 2005. Ses romans se sont vendus à des millions d’exemplaires dans le monde et ont été traduits en plus de quatorze langues. Après La Sanction et Shibumi, L'Expert est son troisième roman réédité en français.
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