La Fin
De Salvatore Scibona
Paru le : 05/03/2010
Editeur : Christian Bourgois éditeur
Collection : Litt. Etr.
Rubrique : Romans Romans historiques
ISBN :
EAN : 9782267020793
Nb. de pages :
Poids : 395 g
Dimensions : 11.9cm x 20cm x 2.8cm
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Quatrième de couverture
En ce 15 août 1953, la fête bât son plein à Elephant Park, un quartier de Cleveland, dans l'Ohio. Le boulanger Rocco LaGrassa y vit seul depuis le départ de sa femme et de ses trois enfants. Il vient de recevoir un courrier lui apprenant la mort d'un de ses fils dans un camp de prisonniers en Corée du Nord. Bouleversant ses habitudes, il décide de fermer sa boutique afin de se rendre dans le New Jersey pour regrouper sa famille. Dans son sillage surgit une série de personnages croisés dans la foule du carnaval parmi lesquels Mrs Marini, faiseuse d'anges vieillissante, Lina, étrange couturière, Ciccio, son fils... Plongeant dans leurs consciences et leurs histoires sur plusieurs décennies, La Fin dépeint un microcosme habité par ces figures singulières, issues de l'immigration, en quête de leur identité véritable.Dans la presse
Scibona déploie des trésors de virtuosité et passe, avec une ahurissante aisance, du registre de l'ironie grinçante à celui du pur lyrisme, faisant alterner dialogues avec des fantômes, arguties casuistiques et plongées dans le flot de conscience des personnages. En prenant ainsi le risque de la complexité, La Fin offre le rare exemple d'un premier roman aussi exigeant qu'exubérant, où les rares morceaux de bravoure proposent une expérience de lecture proprement exaltante.
Bruno Juffin / Les Inrockuptibles
A quoi ressemble la conscience d'un autre ? L'intérieur de son crâne, son cerveau ? [...] La Fin est quadrillé d'âges et de dates, parce que, dans un chantier romanesque d'une telle envergure, il faut bien numéroter les pièces. Importent aussi la toponymie, le pouvoir des noms et des mots. Compte avant tout chez ces personnages leur manière d'être au monde, de le percevoir, de l'enrichir.
Claire Devarrieux / Libération
Interrompre la lecture de La Fin, de l'Américain Salvatore Scibona, est à ses risques et périls. Dans le métro, en faisant sa vaisselle, devant son café, le lecteur en reste chancelant, hébété. Il est assailli par des pensées nuageuses - comme tiré trop brusquement d'un songe. Parce que, comme un rêve, La Fin est une plongée dans les sous-sols de la pensée. Le roman est une expérience sensuelle forte. L'écrivain explique : "Mes arrière-grands-parents étaient des immigrés. A 17 ou 18 ans, ils ont quitté l'Europe et n'ont plus jamais revu leurs parents. C'est du suicide ! Il m'est impossible, intellectuellement, de comprendre une telle expérience. L'imagination est le seul recours qui puisse m'y donner accès." Ce choix, éprouvant pour l'auteur, a permis la naissance d'un livre d'une grande intensité. Elle devient insoutenable dans le dernier chapitre, où Mme Marini s'adresse à son mari mourant. "Et quand je dis que tu es toujours une déception pour moi - oh oui, je suis très, très cruelle, comme tu as affirmé que j'étais, mais attends un peu -, je veux dire : Mon chéri chéri, tu as tué le passé. Tu m'as brisé le coeur. Tu m'as donné l'instant présent. Regarde-moi. Ouvre les yeux et regarde mon visage."Salvatore Scibona s'attendait à finir par détester son roman. Il pensait qu'il le jetterait à son éditeur, accompagné d'un "Et puis merde, à la fin ! Achevez-moi !". Heureusement, il s'était trompé. Il en a commencé un autre.
Clara Georges / Le Monde
« Empreint de sagesse, de gravité et de grâce, ce premier roman rayonnant laisse présager une carrière littéraire remarquable dont La Fin n'est que le commencement. »
Annie Dillard
« On ne pense pas seulement à Faulkner, mais aussi à T.S. Eliot, Virginia Woolf, Gertrude Stein et James Joyce. »
The Cleveland Plain Dealer
Extrait du livre
Quand ils frappèrent à la porte, il crut que c’était déjà l’heure où D’Agostino arrivait pour la partie de cartes du vendredi.Tiens, bonjour.
Du pied écarter la minouche de la porte. Ils portaient des costumes de laine hors de saison, mais ils ne transpiraient pas et ils coincèrent leur chapeau sous le bras en entrant, puis ils firent leur déclaration invraisemblable. Conformément aux termes du récent armistice, tous les prisonniers de guerre des Nations unies détenus en Corée du Nord devaient être libérés, et Mimmo parmi eux. (Rocco lisait les journaux, merci bien, il était au courant de la situation, il avait attendu ce jour.) Cependant, lui déclarèrent-ils en égrenant des mots qui ne laissaient entre eux aucun air respirable, Mimmo avait contracté la tuberculose et, à la date de l’échange des prisonniers, était décédé.
Présentation de l'auteur
Salvatore Scibona est né à Cleveland dans l’Ohio, ville où ses arrières grands-parents se sont installés après avoir émigrés d’Italie et de Pologne. Il a étudié la Philosophie et les Mathématiques au St John’s College de Santa Fé (Nouveau Mexique), et est diplômé du Master of Fine Arts de l’Iowa Writers’ Workshop.
Ses écrits ont été publiés dans de nombreuses revues: Threepenny Review, Best New American Voices 2004, Saul Bellow’s News from the Republic of Letters et The Puschart Book of Short Stories. La Fin est son premier roman. Salué par la critique, il a reçu le prestigieux prix du premier roman de la New York Public Library : The Young Lions Fiction Award 2009 ainsi que le Norman Mailer Cape Cod Writing Award for Exceptional Writing 2009. La Fin a également fait partie des finalistes du National Book Award et de l’Ohioana Book Award.
Scibona vit à Provincetown, Massachussets, où il dirige le « writing fellowship » du Fine Arts Work Center qui accueille chaque année des écrivains en résidence. Il travaille actuellement à une novella et à un roman.
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