Matins bleus
De Jean-Marie Laclavetine
Paru le : 20/08/2004
Editeur : Gallimard
Collection : Blanche
Rubrique : Romans Chroniques
ISBN : 207077208X
EAN : 9782070772087
Nb. de pages : 256
Poids : 308 g
Dimensions : 14cm x 20.5cm x 2cm
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Quatrième de couverture
Un matin de mai, salle des pas perdus. Dans sa nacelle, Ange peint l'armature de l'immense verrière qui surplombe la gare. De là-haut, on peut observer l'humanité en marche.Il y a là tant d'histoires sur le point d'être racontées, tant de grands et de petits drames, tant de cœurs qui battent, de bouches qui laissent filer tant de mots, de cris, de rires, tant de vies qui vont se heurter, se mêler... Ce conducteur de chariot électrique, cette vieille dame à l'oreille collée à son téléphone portable, ce serveur du buffet qui poursuit le plateau posé au bout de son bras, cet homme d'affaires à peine réveillé et déjà gonflé de colère contre les obstacles qui l'attendent, cet agent d'entretien tiré par un balai à franges, ce vol de collégiennes qui débarquent de leur banlieue en piaillant et fumant, ces flics et ces soldats : c'est la gare dans le matin bleu, un univers qui s'active et s'inquiète, une grande usine où les histoires des hommes et des femmes se cardent et se tissent dans un tumulte de ferrailles.
Ce qui s'annonce, c'est une journée du monde, une journée de printemps comme les autres. À quelques détails près... Et quelques accidents.
Dans la presse
... S'il situe l'action de son nouveau roman dans une gare, c'est maintenant en démiurge que l'écrivain se présente. «Matins bleus» raconte une journée de la vie dans une gare de 6 h 30 à 17 h 08. Dans la salle des pas perdus, il suit les héros anonymes d'histoires simples. La force de Laclavetine, c'est de descendre dans le coeur des hommes et d'en décrire, par le menu, les fêlures, les espoirs...
Laurent Seksik - Le Point
Une gare. S'y croisent des riches, des pauvres, des jeunes, des vieux... Certains sont heureux, d'autres pas. C'est la vie. Salle des pas perdus, Jean-Marie Laclavetine s'est donné rendez-vous avec cette vie-là, affolante, attendrissante. Il s'est entiché de cette foule d'inconnus et la sort de l'anonymat avec un roman choc : construction subtile pleine de suspense, rythme trépidant, écriture maligne, insolente, et, diantre, que cela est jubilatoire ! Matins bleus est un livre marathon, une course effrénée dans le monde d'aujourd'hui. L'auteur construit son texte selon les codes de la tragédie : unité de temps - une journée, de 6h30 à 17h08 -, unité de lieu - une gare, banale à crever -, mais action à gogo... L'écrivain (également éditeur) ne manque pas de toupet. Il lance quelques piques au politiquement convenu, aux modes littéraires voyeuristes médiatisées à outrance, à ces «fiction-vérité, récits autobiographiques, tranches de vies saignantes servies à l'étal du quotidien» qui empoisonnent la littérature...
Martine Laval - Télérama
Les gares de spécialité ferroviaire ont de tout temps fasciné les écrivains... Il s'est même trouvé un poète anglais, à peine le premier tortillard avait-il craché ses escarbilles dans les poumons victoriens, pour annoncer que dans la faveur des foules, les gares remplaceraient un jour les cathédrales. Il ne s'était pas trompé. C'est sur ce triage du piétinement humain que, tel un peintre dans sa nacelle, sous la coupole gigantesque d'une gare parisienne, s'est penché Jean-Marie Laclavetine dans un vertigineux roman, «Matins bleus». La salle des pas perdus est le plus mystérieux des théâtres,... Quelques silhouettes pourtant résistent au toboggan et s'y installent même, composant des personnages auxquels on s'attache très vite... Une histoire s'invente au coeur même du chaos, une intrigue se noue là même où rien ne tient, où tout se perd et court au néant. Une horloge organise le hasard et martèle, d'un bras très sûr, sa sourde menace. C'est sûr, les jurys vont se bousculer au compostage.
Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur
Extrait du livre
19 mai, 10h02Cet homme qui arrive dans la gare en poussant son vélo, un sac en nylon sur le dos, nous ne le connaissons pas encore. Il s'appelle Frédérique Malavoglia, il est médecin dans un grand hôpital et vient de passer une nuit éprouvante. Il va attacher son engin dans le parc de stationnement prévu pour les deux-roues, il prendra ensuite un train qui l'emmènera non loin de chez lui, à une demi-heure d'ici - à moins bien sûr que celui qui raconte cette histoire n'en décide autrement ; on ne sait jamais, avec ces gens. Frédéric Malavoglia doit avoir trente-cinq ans, à vue d'oeil, les traits un peu tirés à cause de la garde de nuit, mais cela donne un charme supplémentaire à son visage osseux. Chevelure blonde en désordre, pantalon de toile froissé et veste informe en lin, il a un air de jazzman, disons, quelque chose comme ça, encore une vie qui passe, amis il se pourrait bien que celle-ci nous tienne compagnie plus longtemps que les précédentes.
Présentation de l'auteur

Jean-Marie Laclavetine est né le 17 février 1954 à Bordeaux. Il vit actuellement à Tours.
De la rue des Étables où il a vécu jusqu'à l'âge de dix ans, à La Réole, en passant par le quai des Chartrons, l'enfance de Jean-Marie Laclavetine a été nourrie par la lecture de François Mauriac dont sa famille collectionnait les œuvres. Plus tard, ses préférences littéraires se porteront davantage sur Rabelais, Céline, Beckett, Kafka, Rimbaud.
À vingt-six ans, Jean-Marie Laclavetine publie son premier roman, Les Emmurés, qui obtient le prix Fénéon.
Aussi discret qu'influent, Jean-Marie Laclavetine explique volontiers qu'il est schizophrène et ne se soigne pas. Membre du comité de lecture chez Gallimard, il est LE découvreur de nouveaux talents (de Muriel Barbery à Tristan Garcia). Mais il est surtout un romancier qui aime la fiction à condition d'y glisser quelques vérités sociales. Depuis Les emmurés (prix Fénéon 1981), il publie tous les deux ou trois ans un nouveau roman comme le superbe Première ligne (prix Goncourt des lycéens en 1999). Il traduit de grands auteurs italiens comme Sciascia ou Moravia.
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