Vies minuscules
De Pierre Michon
Paru le : 02/02/1984
Editeur : Gallimard
Collection : Blanche
ISBN : 2070700380
EAN : 9782070700387
Nb. de pages :
Poids : 300 g
Dimensions : 14cm x 20.5cm x 1.8cm
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Prix éditeur : 17.50 €
Prix deslivres : 16.63 € (-5%, Maximum legal autorisé)Loi Lang sur le prix unique du livre
du 10 juillet 1981
Prix deslivres : 16.63 € (-5%, Maximum legal autorisé)Loi Lang sur le prix unique du livre
du 10 juillet 1981
Repéré par Amélie Couillaud
User de mots pour dire Vies minuscules, c’est très intimidant. Ceux de Pierre Michon foisonnent dans les hauteurs, perfections et raclures, richement ordonnés en un phrasé rare aux allures désuètes, une fresque précise, lente, inébranlable.Déshabitué depuis longtemps à la magnificence, on a, tapis, des réflexes traqueurs prêts à bondir au premier signe d’élégance en criant au scandale de la préciosité. Les faire taire, absolument. Et se laisser éblouir. Car c’est éblouissant.
Le style et le vocabulaire sont denses ; ils peuvent, à la première rencontre, s’ériger en obstacles plutôt qu’en passeurs. Une fois franchi l’obstacle, on découvre que la fresque n’est pas simple ornement.
Pierre Michon exhume les vies de quelques anonymes de La Creuse ou d’ailleurs, solitudes oubliées et intemporelles, propulsées ici par décision de l’auteur, incrédules, gênées. Qu’il ait vécu auprès d’eux ou que l’histoire familiale en ait véhiculé le souvenir, tous lui sont proches. Il se raconte avec eux et zoome, sans ménagement, sur les béances cruelles et les absences répétées, les orgueils assumés ou les abnégations, les liens tissés, fragiles, inégaux. Le constat est brut, implacable, nourri de faits et de détails qui disent la fatalité, la vulnérabilité, la résistance silencieuse aux acharnements du sort. L’écho rebondit, renvoie le lecteur à ses propres souvenirs, ça cogne et ça écharpe. Pourtant, une tendresse pudique sous-tend tous les récits, relie entre elles les huit nouvelles. Pierre Michon ne cherche pas d’excuses mais il nomme, et c’est comme un hommage, discret, raffiné et percutant.
Tous les conseils de Amélie Couillaud
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Quatrième de couverture
« Il a caressé des petits serpents très doux ; il parlait toujours. Le mégot brûlait son doigt ; il a pris sa dernière bouffée. Le premier soleil l'a frappé, il a chancelé, s'est retenu à des robes fauves, des poignées de menthe ; il s'est souvenu de chairs de femmes, de regards d'enfants, du délire des innocents : tout cela parlait dans le chant des oiseaux ; il est tombé à genoux dans la bouleversante signifiance du Verbe universel. Il a relevé la tête, a remercié Quelqu'un, tout a pris sens, il est retombé mort. »Haut de page
Présentation de : Pierre Michon
Pierre Michon, né dans le Limousin en 1945, est le fils d'un couple d'instituteurs dont le père s'est très vite absenté. Il apprend à lire dans l'école où enseigne sa mère, dédicataire des Vies minuscules, puis est interne au lycée de Guéret. Il vit mai 68 à Clermont-Ferrand où il obtient une licence de lettres, ébauche une maîtrise sur Antonin Artaud, hésite entre Debord et Mao, est brièvement comédien dans un théâtre d'essai. Ce sont les années 70, la fin du rêve révolutionnaire et, pour Michon, l'impression de se retrouver dans un film des Marx Brothers. Balançant entre la volonté d'écrire et le désir de n'en rien faire, il traverse quelques années difficiles, de ville en ville où le conduit son errance : Annecy, Paris (éphémères études à l'Institut des Langues Orientales), Caen, Orléans. Il a souvent évoqué le sentiment de délivrance éprouvé à l'écriture tardive de Vies minuscules (1984) qui vint inverser le cours de sa vie. La renommée du livre est longtemps souterraine ; mais il rencontre avec Rimbaud le fils une audience grandissante, suscitant un lectorat fervent. Vies minuscules fait désormais figure de livre culte. Il s'arrête à Nantes où il devient père en 1998. Il vit aujourd'hui à Saint-Étienne. Le prix Décembre, couronnant en 2002 Abbés et Corps du roi, consacre la reconnaissance publique d'un écrivain singulier.- La page de Pierre Michon sur deslivres.com
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