Sincèrement votre, Chourik
De Ludmila Oulitskaïa
Paru le : 07/09/2006
Editeur : Gallimard
Collection : Folio
ISBN : 2070339742
EAN : 9782070339747
Nb. de pages : 576
Poids : 285 g
Dimensions : 10.7cm x 17.7cm x 2.5cm
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Sincèrement votre, Chourik
Prix : 23.27 €
Paru le : 2005/03/03
Editeur : Gallimard
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Prix éditeur : 8.90 €
Prix deslivres : 8.45 € (-5%, Maximum legal autorisé)Loi Lang sur le prix unique du livre
du 10 juillet 1981
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du 10 juillet 1981
Quatrième de couverture
«Chez lui, la pitié et le désir physique étaient logés au même endroit.» C'est ainsi que Ludmila Oulitskaïa décrit le ressort secret qui fait de son héros Chourik une sorte de saint laïque entièrement dévoué aux femmes. Après avoir grandi entre une grand-mère énergique, qui lui a inculqué les bonnes manières autant que le goût des langues étrangères, et une mère fragile au tempérament artistique incertain, ce jeune homme d'une grande beauté apprend vite à sécher les larmes de toutes les femmes autour de lui. Leur solitude lui inspire de la compassion, et ce sentiment, invariablement et malgré lui, réveille ses mâles instincts...Avec un bonheur narratif éclatant, Ludmila Oulitskaïa nous emmène sur les traces du parcours amoureux, ou plutôt sexuel, de cet antihéros profondément original, tragi-comique, âme tendre et sensible qui rate sa vie par pitié pour les autres. Mais elle parvient aussi une nouvelle fois à entraîner son lecteur dans une vaste fresque de la société soviétique, dont les très nombreux personnages secondaires illustrent toute la complexité.
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Dans la presse
... depuis son prix Médicis étranger, obtenu en 1996 pour Sonietchka, cette femme au tempérament exceptionnel a acquis une réputation mondiale, ses romans sont plus connus que le parcours de leur auteur... Quand d'autres auteurs tentaient de déconstruire le roman, elle bâtissait une oeuvre dans la grande tradition russe, la sensibilité féminine en plus. C'est encore le cas avec Sincèrement vôtre, Chourik, l'histoire d'un jeune homme chez qui «la pitié et le désir physique étaient logés au même endroit». Trop beau gosse, Chourik rate sa vie pour apaiser des femmes inconsolables, dont Oulitskaïa brosse le portrait à travers cette fresque couvrant plusieurs décennies... Comment peut-on vivre sans amour ? Une question d'éternelle actualité au coeur de ce superbe roman.Olivier Le Naire - L'Express
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Extrait du livre
Véra portait l'enfant comme on porte les petites filles : le ventre en pomme et non en poire, elle avait le visage légèrement bouffi, une pigmentation brune et grenue lui piquetait le pourtour des yeux, et le bébé remuait en elle en douceur, sans brutalité. On attendait une fille, bien entendu. Élisavéta Ivanovna, étrangère à toute superstition, faisait des préparatifs pour la naissance de sa petite-fille et, bien qu'elle ne s'en tînt pas spécialement à une gamme de roses, il se trouva comme par hasard que tout le trousseau du bébé était dans les tons roses - les brassières, les langes, et même le chandail en laine.Cet enfant allait naître hors mariage, Véra n'était plus toute jeune, trente-huit ans. Mais ces circonstances n'empêchaient nullement Élisavéta Ivanovna de se réjouir de l'événement imminent. Elle-même s'était mariée tard, elle avait eu sa fille unique vers la trentaine et était restée veuve avec trois enfants sur les bras, sa Vérotchka âgée de sept mois et deux belles-filles adolescentes. Elle s'en était sortie seule et avait élevé les petites filles. L'aînée de ses belles-filles avait du reste quitté la Russie en 1924 et n'était jamais revenue. La cadette, qui s'était convertie au nouveau pouvoir, avait cessé toute relation avec sa belle-mère qu'elle trouvait vieux jeu et dangeÂreusement arriérée, elle avait épousé un fonctionnaire soviétique de seconde zone et avait péri dans les camps staliniens durant les années d'avant-guerre.
Toute son expérience de la vie disposait Élisavéta Ivanovna à l'endurance et au courage, et c'était de bon coeur qu'elle attendait cette nouvelle petite fille venant inopinément s'ajouter à la famille. Une fille-compagne, une fille-amie qui vous seconde, c'était aussi là -dessus que reposait sa propre vie.
Lorsque à la place de la petite fille attendue était né un garçon, toutes les deux, la mère comme la grand-mère, avaient été désemparées.
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Présentation de : Ludmila Oulitskaïa
Ludmila Oulitskaïa est née en 1943 dans l'Oural. Elle a grandi à Moscou et fait des études de biologie à l'université. Mariée à un sculpteur, Andreï Krassouline, elle a deux fils et vit dans la capitale russe. Elle a écrit de nombreuses pièces de théâtre, des scénarios de films et, depuis le début des années 1980, se consacre exclusivement à la littérature.
Ses premiers récits sont publiés à Moscou à la fin des années quatre-vingt dans des revues. En 1993, paraît en France son premier recueil de nouvelles, Les pauvres parents, dans lequel elle peint ses personnages avec une humanité presque palpable. Trois ans plus tard, son roman Sonietchka, magnifique portrait de femme, reçoit le prix Médicis Étranger. Sonietchka, depuis toujours, puise son bonheur dans la lecture et la solitude. Malgré toutes les épreuves qu'elle rencontre — les difficultés matérielles de l'après-guerre, l'adultère de son mari, le départ de sa fille, Sonietchka est heureuse avec ses livres... Ludmila Oulitskaïa publie ensuite De joyeuses funérailles, un roman qui réconcilie l'humour et la mort, les interrogations métaphysiques et l'amour de la vie. Dans Un si bel amour et autres nouvelles, elle s'attache à décrire le monde de l'enfance et de l'adolescence, ces moments de passage où la sensualité s'éveille. Le roman Le cas du docteur Koukotski, paru en France en 2003, raconte l'étrange histoire d'un jeune chirurgien et obstétricien qui a un don très particulier : une vision quasi radiologique lui permet de voir immédiatement de quel mal souffrent ses patients. Mais ce don disparaît chaque fois qu'il a des relations sexuelles avec une femme. Sauf avec Éléna, qu'il arrache à la mort au début de la Seconde Guerre mondiale et dont il tombe amoureux dans la salle d'opération...
En une quinzaine de nouvelles et quatre romans, Ludmila Oulitskaïa s'est imposée comme la digne héritière de Tchekhov. Elle offre à ses lecteurs une vérité sur la société russe comme peu d'auteurs contemporains ont su l'exprimer jusqu'à présent.
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