Les grands chemins
De Jean Giono
Paru le : 21/01/1973
Editeur : Gallimard
Collection : Folio
ISBN : 2070363112
EAN : 9782070363117
Nb. de pages :
Poids : 155 g
Dimensions : 10.8cm x 17.8cm x 1.5cm
Agrandir la couvertureExpédié sous 2 à 8 jours
Jean Giono est né à Manosque en 1895. Son parcours d'homme plusieurs fois incarcéré, renvoie à celui d'une œuvre en mutation. Les grands chemins est un roman de 1951, publié quelques années après Un roi sans divertissement et Les Ames fortes.
Méfiance en ouvrant Les grands [...] Lire la suite
Méfiance en ouvrant Les grands [...] Lire la suite
Quatrième de couverture
Alors, il se met à tripoter son paquet de cartes comme s'il tirait sur un accordéon. Il le frappe, il le pince, il le soufflette, il le caresse, il l'étire et le referme. Il annonce : roi de pique, sept de carreau, trois de cœur, roi de trèfle, dame de cœur, neuf de pique, deux de carreau ; et chaque fois la carte annoncée tombe. Il jette le jeu de cartes dans le bassin de la fontaine et, quand il va y tomber, le jeu de cartes se regroupe dans sa main. Il me l'étale sous le nez en éventail, en fer à cheval, en roue, en flèche. Il fait couler les cartes de sa main droite à sa main gauche, en pluie, en gouttes, en cascades. Il leur parle, il les appelle par leurs noms ; elles se dressent toutes seules hors du jeu, s'avancent, viennent, sautent. Il raconte de petites saloperies à la dame de cœur et la dame de cœur bondit jusqu'à sa bouche...Haut de page
Méfiance en ouvrant Les grands chemins. Le narrateur parcourt les patelins, les vallées et les montagnes à la recherche d'un travail. En route, il rencontre un homme au “vilain regard” qui vient faire un bout de chemin avec lui. Méfiance, disais-je. Les deux poursuivent leur parcours et tentent de trouver à manger ou à se loger, à coup de combines. Chacun sa méthode, au narrateur la séduction, au compagnon la tricherie. Ce dernier, c'est “l'artiste”. Qui est cet homme qui joue de la guitare, des cartes ou du couteau ? Jusqu'où se joue-t-il des autres et de sa propre vie ?
Les grands chemins, c'est une montée pas pressée vers la rencontre fatidique entre le narrateur et l'artiste qui s'attirent et se repoussent comme des aimants. Jamais l'identification n'est clairement dite, elle est en marche dans tout le récit. L'un court à sa mort et l'autre l'évite.
Ni date, ni nom de lieux. Le réalisme est évincé au profit d'une histoire qui se démène comme un récit philosophique. Plantés dans un décor rude, sans divertissement, les personnages sont au plus près de leur condition humaine, qui est la vôtre, je vous le rappelle.
Nous aussi on peut jouer ? Oui - Sors ta guitare, tes cartes et ton couteau - L'écriture de Giono offre un délectable jeu sur le sens des mots à travers l'apparente simplicité du langage oral et de l'argot. On soulève les mots, comme des cartes, surtout ceux que Giono s'ingénie à mettre en italique.
Les grands chemins est un beau roman. On n'est pas obligé de jouer non plus. On peut aussi le lire et s'émouvoir étrangement de l'amitié (voyez le pouvoir d'un mot en italique, sauf que là, faut pas chercher) entre les deux hommes.
Haut de page
Présentation de l'auteur
Fils d'un immigré italien, Jean Giono est né le 30 mars 1895 à Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence.Après la guerre où il combat au Chemin des Dames, il retrouve son emploi dans une banque, jusqu'au succès de son premier roman, Colline, l'histoire de la vengancce de la terre contre les hommes qui l'exploitent sans discernement. En 1931, il évoque la guerre pour la première fois dans Le grand troupeau où il oppose l'horreur du front à la paix des campagnes provençales.
Après Le chant du monde en 1934 — un de ses plus beaux livres dans lequel des intrigues amoureuses et violentes se nouent autour d'un homme puissant et farouche, dégoûté de la vie depuis la mort du seul être qu'il aimait — Giono ressent le besoin de renouveler son univers romanesque et écrit Deux cavaliers de l'orage, un roman de liberté et de démesure où l'image du sang est omniprésente.
Pacifiste convaincu à la veille de la guerre, Giono est néanmoins inscrit en 1944 sur la liste noire du Comité national des Écrivains. Dans son Journal de l'époque, il se montre rétif à tout engagement, indifférent à la calomnie. Il puise dans cette épreuve une nouvelle vigueur et compose le cycle du Hussard, l'histoire d'Angelo Pardi, un jeune Piémontais contraint d'émigrer en France. Le cycle commence avec Angelo, continue avec Le Hussard sur le toit où le choléra, figure de la guerre, frappe et se propage dans tout le Midi, et s'achève avec Le Bonheur fou pendant la révolution italienne en 1848.
Les chefs-d'œuvre se succèdent : Un roi sans divertissement, Les âmes fortes ou Le moulin de Pologne. Dans les dernières années, malade, il écrit Le Déserteur en s'inspirant d'un personnage mystérieux dont il fait un véritable héros de roman : un Français qui, un siècle auparavant, s'était réfugié dans les montagnes du Valais.
Son dernier roman, L'Iris de Suse, retrace la vie de Tringlat, voleur, pillard de maisons et complice d'assassins qui se réfugie dans les montagnes pour échapper à ces derniers. Là, contre toute attente il s'éprend d'une baronne et sa vie va s'en trouver transformée.
Auteur de vingt-quatre romans achevés, de nombreux recueils de nouvelles, de poèmes, d'essais, d'articles et de scénarios, Giono, en marge de tous les mouvements littéraires du XXe siècle, a su allier une extrême facilité d'invention aux exigences d'une écriture toujours en quête de renouvellement. Cet extraordinaire conteur meurt en 1970.
Page de l'auteur
Tous ses livres
Site de/sur l'auteur
Haut de page





