Corniche Kennedy
De Maylis De Kerangal
Paru le : 25/08/2008
Editeur : Gallimard
Collection : Editions Verticales
ISBN :
EAN : 9782070122196
Nb. de pages :
Poids : 238 g
Dimensions : 14cm x 20.5cm x 1.7cm
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Comme le hasard fait souvent bien les choses, ce livre me tombe entre les mains au retour d’un séjour à Marseille au cours duquel j’ai arpenté sans le savoir la Corniche Kennedy et bu un verre dans un petit café de Malmousque, dans le décor exactement du roman, à deux pas de la [...] Lire la suite
Quatrième de couverture
« Les petits cons de la corniche. La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize en dix-sept, et c'est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. »Le temps d'un été, quelques adolescents désœuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe. Entre tolérance zéo et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer...
Âpre et sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu'à un fil, le fil d'une écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges.
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On ne décolle plus de ce roman palpitant où chaque personnage trimballe son barda de mal-aimé, ses velléités de saut de l’ange et son atavisme au plongeon. C’est une fresque foisonnante dans laquelle Maylis de Kerangal nous embarque. Le décor majestueux de la Corniche, elle nous y flanque directement avec un sens de la métaphore qui inocule les impressions bien profond comme un baiser avec la langue. Quant à ses personnages, elle les approche chacun par l’intime avec une incroyable délicatesse. Petites touches incisives et sensuelles. Sa prose est tendue comme un bikini sur un corps d’ados. Ça transpire, ça crâne, ça se lâche, ça se retient, tout en silence. Les regards sont lourds. Les gestes économes et violents, qui tiennent lieu de dialogue entre ses personnages frustes. Finalement, les corps se délient bien mieux que les langues. Ce roman de gestes est tout aussi limpide et brillant que peut l’être en été la Méditerranée au pied de la Corniche Kennedy.
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Extrait du livre
Ils se donnent rendez-vous au sortir du virage, après Malmousque, quand la corniche réapparaît au-dessus du littoral, voie rapide frayée entre terre et mer, lisière d’asphalte. Longue et mince, elle épouse la côte tout autant qu’elle contient la ville, en ceinture les excès, congestionnée aux heures de pointe, fluide la nuit – et lumineuse alors, son tracé fluorescent sinue dans les focales des satellites placés en orbite dans la statosphère. Elle joue comme un seuil magnétique à la marge du continent, zone de contact et non frontière, puisqu’on la sait poreuse, percée de passages et d’escaliers qui montent vers les vieux quartiers, ou descendent sur les rochers. La dévisageant, on pense à un front déployé que la vie affecte de tous côtés, une ligne de fuite, planétaire, sans extrémités : on y est toujours au milieu de quelque chose, en plein dedans. C’est là que ça se passe et c’est là que nous sommes. Un panneau d’affichage leur sert de repère : derrière le poteau, le parapet révèle une ouverture sur un palier de terre sablonneuse semé de chardons à guêpes et de gros taillis inflammables, lesquels s’écartent à leur tour pour former des passages vers les rochers. On sait qu’ils vont venir quand le printemps est mûr, tendu, juin donc, juin cru et aérien, pas encore les vacances mais le collège qui s’efface, progressivement surexposé à la lumière, et l’après-midi qui dure, dure, qui mange le soir, propulse tout droit au cœur de la nuit noire. Chaque jour il y en a. Les premiers apparaissent aux heures creuses de l’après-midi, puis c’est le gros de la troupe, après la fin des cours. Ils surgissent par trois, par quatre, par petits groupes, bientôt sont une vingtaine qui soudain forment bande, occupent un périmètre, quelques rochers, un bout de rivage, et viennent prendre leur place parmi les autres bandes établies çà et là sur toute la corniche.Haut de page
Présentation de l'auteur
Née en 1967, Maylis de Kerangal a été éditrice pour les Éditions du Baron perché et a longtemps travaillé avec Pierre Marchand aux Guides Gallimard puis à la jeunesse.Elle est l'auteur aux Éditions Verticales de deux romans, Je marche sous un ciel de traîne (2000) et La Vie voyageuse (2003) et d'un recueil très remarqué : Ni fleurs ni couronnes (2006) dont l’une des nouvelles a été adaptée au cinéma (Eaux troubles, court métrage de Charlotte Erlih, Why Not productions, 2008, 20 min). Son dernier roman Corniche Kennedy (rentrée 2008), unanimement salué par la presse et le grand public, s'est retrouvé dans la sélection de nombreux prix (Médicis, Femina, Wepler, France Culture/Télérama, prix Murat).
Chez Naïve : Dans les rapides (2007) et en collaboration avec les Incultes : Une chic fille (2008). Chez Grasset : avec François Bégaudeau, Xavier de La Porte, Arno Bertina, etc., Le sport par les gestes (2007).
Maylis de Kerangal c’est une écriture incisive et profondément poétique ; d'un lyrisme à la fois sec et puissant. Une faculté acérée d'entrelacer les pulsions du monde végétal et minéral, les épiphanies charnelles et les paysages mouvants des psychés.
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